Le book de La Nègre

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Mon corps, pourquoi m’embarrasses-tu ?

Dans notre société contemporaine, on oublie souvent que l’homme ne gouverne pas la nature. D’ordinaire indulgente, Mère Nature nous rappelle parfois sa toute puissance en faisant fondre sur nous des ouragans et tsunamis dévastateurs.
Le reste du temps, elle nous montre aussi qui est le boss de manière plus subtile, par le biais de notre corps.
Tous les jours, à travers notre enveloppe charnelle, la nature se plait à nous jouer des tours, et à nous indiquer notre condition de simple mortel.

Voici un tour d’horizon des situations où notre corps nous prouve que même si nous nous donnons du mal, jamais nous ne maîtrisons pleinement la situation.

• la main moite

C’est un grand classique : vous serrez la main de votre interlocuteur, et lorsqu’il la retire, vous le voyez se l’essuyer promptement sur le tissu de son pantalon. Sur son visage, vous lisez la même angoisse dégoutée que s’il venait de caresser une couleuvre. Ca commence bien.

• la voix qui déraille

Ca se passe toujours à un instant crucial, lorsque vous devez prendre la parole en réunion, ou lorsque c’est le moment de dire « Oui » à votre mariage.
Après être resté longtemps silencieux, vous ouvrez la bouche, et sans crier gare, votre voix s’enroue comme un adolescent en pleine puberté.
Comme si cela ne suffisait pas, votre prise de parole peut également cumuler d’autres facteurs aggravants comme le petit rot mal dissimulé, le reflux gastrique ou la fameuse PÂTEUSE, bien connue des amateurs de substances illicites.

• le (très gros) bouton

Il fait sentir son arrivée de préférence à la veille d’un rendez-vous important (rencontre galante, entretien d’embauche, etc.). Pendant 24h, il vous plonge dans un débat stérile avec vous-même : « je le touche, ou je le touche pas ? ».
Débat stérile donc, et perdu d’avance, car après avoir résisté pendant des heures au prix d’un effort colossal, n’y tenant plus, vous tripotez et compressez l’importun 30 minutes avant votre rendez-vous, où vous vous rendez donc, à moitié défiguré malgré une couche indécente de fond de teint.
Alors que votre interlocuteur fasciné est incapable de vous regarder dans les yeux, vous hésitez à prétexter une piqure d’araignée ou d’un autre prédateur.
Cela vaut toujours mieux que de confesser que cet accès de sébum est dû à une consommation excessive de chips et de saindoux.

• le végétal sur la dent

Il s’agit d’un grand classique absolument pernicieux, car vous ne vous doutez de rien jusqu’à ce que ce végétal collé sur votre incisive vous apparaisse à la faveur d’un miroir (et cela peut durer longtemps).
Le persil sur la dent est très solitaire, car rares sont les interlocuteurs qui seront prêts à interrompre vos rires à gorge déployée pour vous avertir de l’horreur de la situation.
La prochaine fois, au lieu de vous la jouer healthy avec de la roquette, vous prendrez une andouillette.

• les flatulences

Ne prenez pas cet air dégouté, ce sujet est inévitable lorsqu’on aborde les trahisons ordinaires que nous réserve notre corps. Il arrive que le pet nous saisisse lorsque nous sommes seul, et alors tout se passe à peu près bien.
Il arrive aussi qu’il se manifeste dans un lieu public. Il vous est alors loisible de faire porter la responsabilité à quelqu’un d’autre, en simulant une mine offusquée.
Mais il arrive enfin que le pet frappe à votre porte en situation confinée : en couple, en réunion, dans un ascenseur.
Ce qui vous attend alors est un choix entre la peste et le choléra : la mort sociale ou la mort par tentative désespérée de contenir vos flatulences.
Bonne chance.

• la vanité

Dans toutes les situations précédentes, ce sont des parties de votre corps qui jouent contre vous. Mais en définitive, c’est votre corps tout entier qui peut vous paraitre traître.
En effet, au quotidien, vous vous donnez un mal de chien pour contrôler votre image. Sur les réseaux sociaux, vous ne publiez que des photos où vous êtes à votre avantage et sur lesquelles – soyons honnêtes – on ne vous reconnait quasiment pas.
Mais il arrive parfois qu’un ami inconscient publie sans votre approbation une photo de soirée ordinaire où l’on distingue clairement votre double menton / votre calvitie naissante / votre débordement de cellulite. L’insolent serait même capable d’ajouter « Tu es vachement bien sur cette photo ! ».

Oui, nous avons tous été confrontés à cette photo qui ne nous rend pas hommage, et nous rappelle que bien qu’il soit nôtre, notre corps échappe à notre volonté d’être modelé selon nos fantasmes.
Face à cette trahison de nos ambitions, nous sont offertes deux possibilités : le reproche et la gêne, ou l’humilité d’accepter ce corps qui ose se montrer tel qu’il est.
Comique malgré lui, indifférent à notre ego et heureusement imparfait.

Vos cahiers d’été spécial Hommes : la diplomatie conjugale

bonheur On commence à le savoir, les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, et sur ces deux planètes, les langues ne sont pas les mêmes. C’est sans doute la raison pour laquelle la communication inter-sexe reste un mystère intersidéral.

Il n’est en effet pas rare qu’un homme tienne en toute innocence des propos que sa dulcinée juge totalement inappropriés. Car trop souvent, l’homme perd de vue que chaque phrase prononcée est analysée, interprétée et décortiquée par le cerveau féminin. Chaque jour, à cause d’une formulation maladroite, des hommes se voient entraînés dans un engrenage fatal, subissant en rafale l’indignation, la colère, la crise de larmes et l’abstinence de leurs compagnes…

Chez La Nègre, nous souhaitons vous éviter ces situations terribles et déconcertantes. C’est pourquoi nous venons aujourd’hui au secours de la gent masculine. A la manière des meilleurs conseillers conjugaux de San Francisco et de Bourg-en-Bresse, nous vous proposons ici quelques méthodes simples qui vous dévoileront les coulisses de l’interprétation féminine, et vous éviteront ainsi bien des conflits et des escalades inutiles.

Pour illustrer notre propos, nous avons choisi comme thème « les remarques sur le physique ». Messieurs, n’oubliez jamais que l’enveloppe charnelle de votre compagne est un terrain très glissant. Ne dérapez pas.

Démonstration à travers quelques cas concrets :

 

• Elle vous dit : « Je me trouve grosse »
Vous répondez : « Moi, j’aime ta cellulite ».

Pourquoi c’est une erreur : Vous pensiez la flatter avec votre réinterprétation du « je t’aimerai pour le meilleur et pour le pire » ? C’est loupé ! Vous venez juste d’avouer que ça fait déjà des mois que vous avez remarqué sa cellulite, sous tous les angles. Vous avez contemplé sa chair molle sous la douche, sous la couette, débordant du mini-short… Non seulement vous n’avez jamais rien dit, mais pire encore, votre coming-out inattendu révèle que cela fait longtemps que vous « aimez » la peau d’orange en cachette ? PERVERS !

Ce qu’il fallait lui dire : Absolument pas mon Amour, tu es divine.

 

• Elle vient de se faire une teinture blonde
Vous commentez : « Ca te donne un petit air de Patricia Kaas ! »

Pourquoi c’est une erreur : Honnêtement, vous vous êtes mis dans un sacré pétrin. Qu’est ce qui vous a pris, nom de Dieu ? En toute occasion, souvenez-vous que votre compagne est incomparable. En blonde, elle ne ressemble qu’à elle-même : superbe, sublime, indépassable.
Si vraiment vous ne pouvez pas vous passer d’une comparaison, choisissez très soigneusement vos modèles de référence. Une allusion à Grace Kelly ou Audrey Hepburn est éventuellement tolérée.
En revanche, évitez absolument les « Avec tes nouvelles lunettes, tu ressembles à Jean Roucas » ou « Tiens, quand tu chantes, tu as un peu la voix du nain gluant dans Le Seigneur des Anneaux. Tu sais, Smigogol, ou un truc comme ça… Comment il s’appelle déjà ? ».

Ce qu’il fallait lui dire :  mon Amour, tu es divine.

 

• Elle a un bouton d’herpès
Vous commentez : « Ton bouton, là, on dirait une croûte de fromage ! »

Pourquoi c’est une erreur : Je vous vois venir gros comme une maison avec votre « Ben quoi, qu’est ce que j’ai dit ? C’est vrai, après tout ! ». Certes, dans la rue, tout le monde regarde votre compagne avec effroi, et les mères cachent les yeux de leurs enfants pour leur éviter un si terrifiant spectacle. Oui, c’est un fait, ce satané virus a presque défiguré votre bien-aimée. Et c’est pourquoi elle compte plus que jamais sur votre soutien. Il n’y a rien de pire pour une femme que de se voir comme un monstre ou un gros Coulommiers à travers les yeux de son amoureux.
Vous vous souvenez des débuts de votre histoire, quand vous passiez vos soirées à vous contempler comme des merlans frits en vous disant :
– Et si j’avais une jambe de bois, tu m’aimerais encore ?
– Bien sûr, mon Amour !
– Et si je pesais 5 quintaux ?
– Absolument, mon Ange !
– Et si une grosse touffe de poils frisés poussait sur mes orteils ?
– Plus que jamais !
Et voilà que quelques mois plus tard, vous trahissez vos serments d’amour inconditionnel, en indiquant clairement à la femme de votre vie qu’entre vous et elle, il y a évidemment de la tendresse, mais surtout un gros bouton d’herpès… Quel félon vous faites !

Ce qu’il fallait lui dire : Mon Amour, tu es divine. Ce minuscule bouton ne se voit quasiment pas et n’entrave en rien ta beauté. De quel bouton parle-t-on, d’ailleurs ?

 

• Elle vous dit : « Je t’ai remarqué dès la première fois où je t’ai vu »
Vous répondez : « Ha ? Moi j’avais plutôt flashé sur ta copine Pamela ».

Pourquoi c’est une erreur : Votre phrase indique que pour vous, elle n’est qu’un deuxième choix. Dès que vous en aurez l’occasion, vous vous rabattrez sur Pamela, qui elle, a le mauvais goût de ne pas avoir de cellulite incrustée (même si vous adorez ça). Souvenez-vous, Messieurs : ne faites JAMAIS un compliment physique sur une amie de votre compagne. Contentez-vous d’un inoffensif « Elle est marrante », car tout le monde sait bien qu’une fille drôle est forcément laide. Mieux encore, n’hésitez pas à balancer une remarque tout à fait malhonnête du style « C’est sûr, Pamela est sympa, mais ses mini-jupes, ça fait quand même très mauvais genre ». Votre compagne accueillera avec une grande bienveillance ce bitchage sur ses amies.

Ce qu’il fallait lui dire : Moi aussi, mon Amour. Tu étais divine ce soir là.

 

• Elle vous regarde, vous la regardez, tout semble bien se passer
D’un seul coup, vous dites : « Ca t’irait quand même super bien d’avoir de gros seins »

Pourquoi c’est une erreur : Vous avez tenu ce propos sans penser aux conséquences, un peu comme vous auriez dit « ce serait super qu’on puisse aller sur Mars ». De son côté, elle a compris que son physique actuel ne vous convenait pas, et que pour vous plaire, vous lui demandez l’impossible. Faites marche arrière et oubliez pour toujours toute évocation à un changement d’allure réaliste ou irréaliste : « Ca serait super si tu faisais 20 cm de plus / que tu sois un homme / que tu aies des ailes de chauve-souris ». Une fois encore, souvenez-vous : votre compagne est parfaite telle qu’elle est.

Ce qu’il fallait lui dire : Mon Amour, dans tout l’univers, je n’ai jamais rencontré de créature aussi divine que toi.

 

En conclusion, les meilleures techniques pour éviter les drames causés par des remarques inopportunes peuvent être résumées par un acronyme simple : MPLOVT.
MPLOVT comme Mentir, Porter des Lunettes Occultantes, Vous Taire.
En respectant ces 3 fondamentaux, vous n’aurez plus jamais de problème dans votre couple, et entrerez dans un état de béatitude conjugale éternel.

Pour les siècles des siècles, Amen !

La Nègre vs L’Administration

Chers lecteurs, la vie d’entrepreneur n’est pas de tout repos. Surtout quand l’INSEE vous demande de remplir une enquête en ligne.

 

Alexandra de Lassus
LA NEGRE
65 rue du XXXX XXXX XXXX
75010 Paris

INSEE
Division Services aux entreprises
105, rue des XXX XXXX
44274 Nantes Cedex 02

Paris,
le 23 février 2014

 

Monsieur, Madame,

J’ai reçu cette semaine votre enquête sectorielle annuelle Services, relative à l’exercice 2013.
J’ai été surprise d’être mandée de compléter cette étude, et du ton très sollennel avec lequel vous m’indiquiez que ma réponse était absolument obligatoire. En effet, mon statut d’entrepreneur ne me laisse guère le loisir de me consacrer à ce genre d’activités.

 

Toutefois, pétrie d’un fort sens du devoir et craintive à l’idée de vous désobéir, je me suis attelée à la tâche sur la version digitale de votre enquête. Vous promettiez en effet que vos sondés pouvaient télécharger en ligne une version PDF de l’enquête et la redéposer ensuite directement en ligne sur votre site.

Je l’avoue : j’ai été séduite par cette perspective moderne.

Pas longtemps.

En effet, il n’a pas fallu 2 minutes pour que je me heurte à un premier problème.
Pour télécharger en ligne mon formulaire, il me fallait saisir un mot de passe. Dans le mien, vous aviez glissé le caractère spécial [ .

En tant que spécialistes des enquêtes, je me permets de vous interroger : à votre avis, combien de vos sondés sont capables de trouver le caractère [ sur leur clavier ? (Un indice : vous qui lisez ce courrier, le savez-vous vous-même ?)

 

Ma missive aurait donc pu s’arrêter là, mais j’ai passé cette première épreuve du destin ! Imaginez-moi donc, attelée au remplissage de votre questionnaire, depuis l’écran de mon ordinateur.

Ce n’était pas facile.
J’ai eu les plus grandes difficultés à comprendre le sens de vos questions ; et après une demie heure que je qualifierai volontiers de pénible, je suis enfin arrivée à la dernière page.
Le formulaire semblait augurer de ma libération en indiquant :

« ATTENTION : pour envoyer la réponse
1. Cliquez sur « Fichier » puis « Enregistrer sous » (préciser le nom du répertoire dans lequel vous souhaitez stocker le questionnaire) »

J’obtempèrais donc. Et là…
Ha ! Ha !
Quelle joyeuse facétie de votre part ! Vous avez oublié de libérer les accès de votre document PDF ! En d’autres termes, votre document est toujours protégé et non modifiable !
Impossible donc d’enregistrer le document longuement complété. Je laisse la parole à la fenêtre d’erreur qui le résume bien mieux que moi : « Sans mot de passe de propriétaire, vous n’êtes pas autorisé à copier des parties de ce document ».

Après un petit moment de désillusion, j’étais encore prête à faire un effort. J’ai même essayé d’ouvrir votre document avec Acrobat Reader. Et là, nouvelle surprise ! Un message d’erreur m’indiqua qu’il était impossible d’ouvrir le questionnaire, et que je devrai plutôt utiliser la version XI du logiciel !

 

Je ne sais plus exactement ce qu’il s’est passé alors, mais je crois que c’est à ce moment précis que j’ai été contrainte d’user de mes capacités de résilience pour en venir à ces deux conclusions que j’aimerais partager avec vous :
– Si vous recevez quelques réponses digitales à votre questionnaire, il serait magnanime de votre part d’offrir une médaille honorifique à vos sondés, pour les récompenser de leur capacité à détourner les interdictions d’un logiciel. Peut-être même pourriez-vous adjoindre leur service, afin de parfaire la prochaine édition de votre enquête ?

– N’étant hélas dotée que de capacités très limitées en détournement de logiciel PDF, je renonce du même coup à ma médaille et à mes velléités de réponse à votre enquête. Je serai heureuse de me plier à vos consignes lorsque vous serez en mesure de fournir à vos sondés un système de réponse informatique à la fois fonctionnel et respectueux de leur temps.

 

Quant à l’enquête papier sur laquelle j’aurais pû me rabattre, je ne l’ai hélas plus. De rage, je l’ai en effet mangée.

Dans l’attente d’un nouveau jeu d’énigme de votre part, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Alexandra de Lassus

PS : Si d’aventure, vous réussissiez à résoudre ce problème informatique ou consentiez à m’envoyer un nouvel exemplaire papier de votre enquête, je serai ravie de m’y soumettre à nouveau.

Nouveau livre : Être végétarien, tout savoir sur le mode de vie veggie !

Salut à toi, bâfreur impénitent ou appétit d’oiseau, amateur de rillettes ou amoureux des végétaux.
Où que tu te situes sur l’échelle de la bouffe, je sais qu’une chose t’unit à l’ensemble de tes congénères : ta passion coupable pour les tests qu’on complète dans Voici ou Bravo Girl.

C’est pourquoi j’en ai concocté un spécialement pour toi. Prends donc ton plus beau stylo, et réponds au quizz suivant.

 

  •  TU ES UN MANGEUR DE VIANDE ET :

– tu as quelques amis végétariens et tu aimerais mieux comprendre leur vie et leurs motivations
– tu aimerais te nourrir de manière plus saine et responsable
– tu vénères les chats, les loutres et les pandas roux, mais tu penses que les boeufs, les poules et les moutons ne méritent pas la même considération.
– tu te demandes comment peut-on ne manger « que de la salade »
– tu crois que les végétariens ou les vegans sont des extrémistes, voire, des fascistes. Ou peut-être des zombies. Ou peut-être même des zombies fascistes.
– tu crois que tous les végétariens sont moches, s’habillent avec des toiles de jute issues des sacs de pommes de terre de magasin bio et ne se peignent jamais parce que c’est contre leur religion.
– tu crois que le végétarisme est un délire de bobo sans fondement sérieux.

 

  • TU AIMERAIS BIEN ÊTRE VÉGÉTARIEN MAIS :

– les ouvrages que tu as essayé de lire sur le sujet t’ont semblé plus tristes et austères que le manuel officiel du Code de la Route
– tu as de très forts a-priori sur le tofu
– tu te demandes ce que vont devenir tes festins d’andouillettes hebdomadaires avec tes amis
– tu crains de perdre tes amis et de finir célibataire, avec un concombre comme seul compagnon de jeu.
– tu as peur d’avoir des carences
– tu as peur que tes parents aient peur que tu aies des carences, et qu’ils te harcèlent quotidiennement pour faire des prises de sang (de plus, tu t’évanouis à la moindre prise de sang).
– tes parents sont bouchers et t’ont éduqué dans le culte du pied de porc (mort, le porc).

 

  • TU ES DÉJÀ VÉGÉTARIEN ET :

– ta belle-mère s’entête à te servir son fameux gigot d’agneau
– tu ne sais plus quoi répondre quand on te parle du cri de la carotte
– tu as envie de connaître de nouvelles adresses, astuces et tous les arguments qui prouvent que tu as fait le bon choix.
– tu es à la recherche d’un livre qui pourrait expliquer à ceux qui t’entourent qu’être végétarien, c’est cool, utile et pas si compliqué.

 

  • TU NE MANGES JAMAIS MAIS :

– tu as une âme de mécène et l’envie de soutenir le train de vie dispendieux de deux jeunes auteur et illustrateur ?

 

Résultat (suspense insoutenable) :

Tu t’es reconnu/e dans au moins une des phrases précédentes ?
Alors le livre « Être végétarien, tout savoir sur le mode de vie veggie » est fait pour toi !

De manière précise, accessible et volontiers humoristique, ce guide pratique aborde tous les aspects du veggie way of life : pourquoi et comment devenir végétarien, où faire ses courses, que mettre dans son assiette, quels livres et quels blogs connaître, où voyager, comment réaliser son coming-out… et mille autres choses encore !

Pour reprendre la formule musicale de notre ami Pierre Perret : « tout, tout, tout, vous saurez tout sur le tofu ».

Et parce qu’on a aussi pensé à tous ceux qui préfèrent les images ou qui ne savent pas lire, 80 illustrations du talentueux Simon Sek viennent enrichir le texte avec classe et bonne humeur.

Ce condensé de vitamines est à découvrir ou à offrir, en librairie ou sur internet.

C’est ici sur Amazon, et ici sur la Fnac.

 

Et tu peux aussi le trouver partout en France et sur le web grâce à ce petit programme sympathique.

Par avance, on te dit merci !

Être végétarien, tout savoir sur le mode de vie veggie
par Alexandra de Lassus & Simon Sek
Éditions du Chêne. 16,90 €

 

Quelques pages du livre :

 

Les invités sur mon épaule

Je me souviens de ces dessins-animés, lorsque j’étais enfant, où l’on voyait un personnage sur les épaules duquel se tenaient un petit ange et un petit démon. Chacun d’eux soufflait au héros des idées bienfaisantes ou tentatrices, et dans ces images, on pouvait déjà reconnaître le théâtre de ce qui jouait en nous-mêmes : deux voix indépendantes se livrant bataille dans notre tête, élaborant des théories et discours contradictoires. L’une disant :

– Et si je volais le goûter de cette peste de Caroline ? En plus, elle le mérite, avec ses veilles dents de lapin !

L’autre rétorquant :

– C’est pas gentil de faire ça ! Ce n’est pas parce que ma mère ne met dans mon cartable que du pain rassis et des choux de Bruxelles que je dois sombrer dans le vice !

Bref. Depuis la cour d’école, la situation s’est complexifiée, et je serais heureuse si aujourd’hui, je ne comptais que deux voix dans ma tête.

Car avec le temps, de nouvelles voix intérieures se sont installées en moi. Et sans même vous parler de celle qui, munie d’une trompette angélique, m’invite à bouter les Anglais hors de France, je crois en avoir dénombré quelques-unes qui existent aussi dans beaucoup d’entre nous.

Chaque jour, ces voix se livrent une lutte sans merci pour savoir qui parlera le plus fort et qui prendra le pouvoir. Si bien qu’à certains moments, l’intérieur de ma tête ressemble à une fin de soirée arrosée, où l’on trouverait pêle-mêle, et complètement bourrés :

• Un maboule

Chacun de nous à un dangereux malade mental au fond de lui. Le mien est particulièrement chaud quand je roule à vélo. Si je prenais note du discours qu’il me souffle quand je chevauche un Vélib, il y aurait de quoi couvrir 5 tomes d’insultes le temps d’un trajet Strasbourg Saint Denis – Notre Dame de Paris.

Mon maboule intérieur se sent provoqué par tout et suppose que l’univers conspire contre lui : il est certain que ce taxi s’est rabattu EXPRES ; que cette vieille dame impotente met deux heures à traverser le passage piéton EXPRES ; que ce mec qui écoute Rire & Chansons dans sa voiture visite son nez avec son doigt EXPRES.

Evidemment, le maboule imagine faire endurer mille supplices aux personnes qui sont l’objet de son courroux. Dans ses pensées fougueuses, plus d’un passant innocent est déjà mort étouffé dans une grille d’arbre.

Et bien entendu, le maboule intérieur ne s’attaque pas uniquement aux inconnus qui croisent sa route. N’importe quel insolent de votre connaissance qui a eu le mauvais goût de vous irriter (votre patron, votre conjoint, votre marchand de journaux) est déjà passé sur le feu de sa pierrade Tefal.

• Une pythie de Delphes (autrement appelée Une parano)

Comme la Pythie lisait le sens caché des choses dans les vésicules de poulet, cette voix intérieure voit un sens occulte dans chaque événement banal du quotidien. Elle interprète tout, et est évidemment persuadée que ses interprétations sont justes. Les phrases qu’elle vous suggère commencent toujours par : « Je suis sûr/e qu’il/elle a dit/fait ça parce que… »

Par exemple, votre boulanger vous a dit « Ca fera 20 centimes, ma bonne dame » : il essaye de vous dire qu’il vous trouve bonasse.

Votre cousin partage un article sur Facebook où il est question d’alcoolisme : il sait que vous buvez trop.

Votre collègue a décroché son téléphone au moment où vous entriez dans le bureau : il vous déteste.

En bref, votre Pythie de Delphes sait tout, sur tout le monde. She even knows what you did last summer.

• Une chochotte

C’est la voix intérieure qui vit dans la terreur et vous invite à vous méfier de tout. Elle se nourrit en priorité des faits-divers du Parisien et de l’imagination débordante des scénaristes hollywoodiens.

C’est celle qui dit : « Mon Dieu, ce passager du siège 33K ressemble très fortement à Oussama Ben Laden » ou « ce bruit dans le grenier est probablement un vampire/revenant/bébé possédé ».

Si vous l’écoutiez avec trop d’attention, vous passeriez votre vie cloitré chez vous, à faire vos courses exclusivement sur Ooshop.com, et à attendre le livreur avec une arbalète.

• Un mytho

Parfaite antithèse de la chochotte et des comportements pleutres qu’elle induit, le mytho invente non-stop des scénarios dont vous êtes le héros.

Vous n’êtes pas intervenu lorsque cette personne âgée s’est faite détrousser sous vos yeux par un jeune loubard ? Vous vous êtes écrasé quand votre patron vous a annoncé votre mutation dans la banlieue lointaine de Bourg-en-Bresse ? Qu’à cela ne tienne, votre mytho intérieur vous propose de nouvelles versions des faits où, revêtu d’une cape, du marteau de Thor et du charisme de Vin Diesel, vous faites régner la justice sur le monde et gagnez le respect craintif de vos pairs.

• Une groupie

Après le petit ange et le petit démon sus-cités, la groupie est l’une des premières autres voix à s’être installée durablement dans notre tête. Elle a commencé tranquillement avec des rêveries amoureuses impliquant Roch Voisine ou Larusso (et plus rarement Roch Voisine ET Larusso). Et depuis, elle s’est installée en renouvelant régulièrement l’objet de ses fantaisies. Aujourd’hui, elle passe de longues heures à vous occuper l’esprit en dévidant ses fantasmes impliquant votre fiancé/e, votre contact Gleeden ou cette personne sexy-strict de la compta.

• Paco Rabanne

Une chose intéresse cette voix intérieure : ce qu’il va se passer dans le futur, dans 5 minutes comme dans 60 ans. Ses anticipations vont de l’achat nécessaire de rouleaux de PQ, à la carrière de vos futurs enfants encore à naître, en passant par l’Apocalypse et les avantages de la convention obsèques MMA (plutôt Granit ou Faux-marbre ?).

Cette voix passe sa vie en anticipations et prévisions, et le fait que rien ne se soit jamais passé comme elle l’avait imaginé ne lui donne hélas pas du tout envie de fermer sa gueule.

• Un vieux gâteux

Antithèse de la voix Paco Rabanne, cette voix intérieure n’est concernée que par le temps passé, qu’elle radote en boucle. Comme c’était bien, avant. Ou comme c’était difficile. « Ha ça, mon p’tit gars, on en a bavé en 1995 quand c’était la mode des Buffalos ».

Évidemment, vous connaissez déjà par coeur toutes les histoires que cette voix vous raconte, mais jamais vous ne l’empêchez de continuer à les débiter.

La patience que vous n’avez pas à l’égard de votre grand-mère, vous l’avez totalement à l’égard de vous-même.

• Un tyran

Le tyran est cette voix impitoyable qui considère que les personnes qui vous entourent devraient se comporter de manière différente, à savoir : comme vous l’avez décidé.

Vous savez ce qu’il faut faire : POURQUOI DIABLE LES AUTRES NE VOUS OBEISSENT-ILS PAS ?

Par exemple, quand vous flagellez votre mec parce qu’il a rangé les fourchettes dans le mauvais tiroir, on peut considérer que « le tyran » a pris temporairement le contrôle de vous.

Dans ces moments, vous êtes un monstre autoritaire, c’est vrai.

Mais ne soyez pas trop sévère avec vous-même. Car vous souffrez aussi sous le fouet de votre propre tyrannie. L’exigence que vous imposez aux autres, vous vous l’imposez aussi, et votre tyran intérieur ne vous épargne pas. Car c’est lui qui va vous repasser en boucle l’un de vos moments de lose en vous disant « Pute borgne, tu aurais dû faire ça ! Comment peux-tu être aussi cruche ? ».

Une voix intérieure odieuse, mais dont, une fois encore, on n’a pas trouvé le moyen de se débarrasser.

• Un objecteur de conscience.

Pour comprendre la façon dont opère cette voix intérieure, il suffit d’avoir déjà rencontré cet homme, qui après avoir fait 20 minutes de queue au MacDo attend le moment d’être en caisse pour dire « Alors, qu’est ce que je vais prendre?… Hmmmm, un McChicken. Ha non non non, attendez. Non, je crois que je vais plutôt prendre un BigMac. A moins que je me laisse tenter par…« .

Quand votre objecteur de conscience est puissant, chaque décision devient une épreuve. Pour vous, comme pour votre entourage.

Toutes ces voix énumérées, et de nombreuses autres, nous tiennent toujours compagnie et se disputent constamment le temps de parole.

Mais il arrive parfois qu’elles se taisent toutes d’un coup : devant quelque chose de très beau, dans un fou rire, dans un instant de plaisir…

En pensant à ces rares moments de paix, me reviennent ces images du diablotin et de l’ange perchés sur nos épaules, dans les dessins animés de notre enfance.

Elles nous livraient en douce un autre secret : si ces voix qu’on croit nôtres nous parlent depuis l’extérieur, c’est qu’il existe aussi à l’intérieur de nous un autre espace silencieux, radieux et calme ; à l’abri de tout commentaire et à l’écart du bruit.

Une zone belle et tranquille, comme un été invincible au coeur de l’hiver.

Vous n’imaginerez jamais les ruses qu’a dû déployer Maurice pour être surnommé Dédé.
— Eric Chevillard

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