I want to do to you what spring does with the cherry trees

— Pablo Neruda

Nage en eaux troubles : la piscine municipale

Peut-être as tu suivi récemment ma première expérience au pays du fitness. Dans ce cas, on se connait un peu, et je n’ai donc pas le coeur de te mentir : je n’y suis jamais retournée. Enfin si, j’y suis retournée une fois mais il y avait trop de monde. J’étais prête à suer, pas à suer sur des inconnus. Alors, j’ai rebroussé chemin et suis partie à la recherche d’une nouvelle activité sportive.

Je dois être claire sur mes motivations. Pour moi, l’intérêt principal et quasi-exclusif d’une discipline sportive est de me permettre de rester (à peu près) mince sans me restreindre sur la nourriture. Eliminer me permet de manger. Et hélas, manger m’oblige à éliminer.
Pour le dire simplement : je ne suis pas une athlète. Plutôt une minette. Voire une pépette.

Bref, j’ai donc réfléchi à ce que je pourrais faire à Paris pour faire fonctionner efficacement mon balancier Effort & Réconfort.
Je suis opposée à l’idée d’aller pousser de la fonte dans un quelconque club sportif qui se croit à New York sur Seine.
Je ne sais pas courir (et ça, j’en parlerai peut-être une autre fois).
Le tour de la question a été fait rapidement : il ne me restait que la piscine municipale.

Certes, la piscine municipale n’est pas la mer. Mais au moins, en tout cas théoriquement, à la piscine municipale, il n’y a pas de requin. Et on ne marche pas sur des choses étranges (des algues), dangereuses (des oursins) ou dégueulasses (des concombres de mer).
J’espère que vous avez lu ce dernier passage attentivement, car le mot « théoriquement » qui y figure est assez important.

Bref. C’est l’hiver. Il fait moins 12, il neige (tu es sur Facebook, tu es donc forcément au courant), et évidemment, tu ne peux pas avoir envie d’aller te jeter dans un bassin froid qui sent le chlore.
Mais puisque c’est l’hiver, qu’il fait moins 12 et qu’il neige, tu as apprécié plus que de raison ces plats qui réchauffent le coeur que sont la fondue, la tartiflette ou le kloug.

Tu le sais et le miroir de ta salle de bain aussi, lui qui te regarde en te disant : « Ah ben ça va les hanches en ce moment, on se la donne bien à ce que je vois ! ».
Tu lui réponds : « ta gueule, je vais à la piscine« .
Oui, cette réponse est brutale, mais on sera polis quand notre miroir arrêtera de nous dire des saloperies.

Te voilà donc dans les rues de Paris, fier et volontaire, en route vers cette piscine que tu as identifiée.

Il est important que tu en choisisses une où il y a deux bassins : un bassin enfant et un bassin adulte. Car depuis que les enfants savent qu’en fait, il n’existe pas de substance chimique qui rend l’eau rouge autour d’eux s’ils s’urinent dessus, je sais qu’ils s’en donnent à coeur joie.
Se séparer des plus petits est donc une mesure nécessaire pour quiconque ne souhaite pas infuser dans le bol à pisse. Ne rendons pas la chose plus difficile qu’elle ne l’est déjà.

Bref, tu arrives à la piscine, et quand tu passes la porte, tu es assailli par ces voix, ces cris et ces bruits d’eau qui se mélangent et se font écho dans une tumulte assourdissant.
« C’EST COMBIEN ? » hurles-tu à la caissière qui est sourde depuis longtemps.

Après t’être changé aux vestiaires, tu prends la direction des casiers, où il est indiqué que tu dois laisser tes affaires personnelles, et ta dignité.
Il n’y a en effet aucune chance de te sortir dignement de ce qui t’attend :
– L’éclairage a été posé par le même prestataire qui a commis l’ambiance lumineuse de chez Ed.
– Tu vas porter un maillot de sport laid.
– Tu vas porter un bonnet de bain, dont le ridicule ne peut rivaliser qu’avec le casque suppo des cyclistes (Suppo n’est pas une marque).

Après avoir eu autant de mal à enfiler ton bonnet que tu en as à faire rentrer une grosse salade verte dans un sachet plastique, tu arrives dans les douches.
Là, il y a toujours des personnes (et plutôt pas des bombasses) totalement nues occupées à se malaxer. Elles font rebondir leurs seins et leurs fesses sous leurs mains et sous la mousse. (J’imagine avec peine le spectacle dans les douches des hommes). Evidemment, tu essayes de ne pas regarder, mais évidemment, tu es fasciné par l’indécence du spectacle.

Tu fuis, mais dans ta fuite tu es arrêté par LA DOUVE, que le langage moderne appelle le pédiluve. Infranchissable d’un bond, elle est pleine d’animaux et substances féroces bien qu’invisibles.
Ici, il serait encore temps de faire marche arrière. Mais non. Tu es brave et déterminé.
Après avoir traversé la douve tant bien que mal, tu savoures cette odeur de chlore qui te saute à la gorge. C’est la promesse d’une désinfection radicale de ce que viennent de subir tes pieds.

Tu bondis dans la piscine, ivre de joie, tel un dauphin de calendrier PTT. Et alors tu découvres tes compagnons de bassin.

Il y a plein de gens apparemment normaux, qui nagent tranquillement et consciencieusement, à la file. Et il y a deux malades : le grand-requin et la raie manta.

Le grand-requin est un mec qui doit venir à la piscine tous les jours. Plus exactement c’est un mec qui doit vivre DANS la piscine (depuis qu’il a vu WaterWorld, un film qui a fait des dégâts, et pas seulement dans l’industrie du cinéma). Il a un équipement d’énervé : bonnet latex, pince nez, lunettes effilées, palmes. Ou pire : monopalme.
A aucun moment quand ce mec est sorti de son bassin pour aller en slip de bain chez Decathlon, il ne s’est dit : « si j’achète une monopalme, il va y avoir un problème de cadence avec les autres nageurs de la piscine ».
Non ! Car ce mec est un prédateur ! Il s’en fout du petit poisson comme toi. Il te double, il te donne des grands coups de palme dans la gueule, il te fait un aplat de la main dans la face, il te fait des queues de poisson…
Il s’en fout de toi.
Pourquoi ?
Parce qu’il en a après la raie manta.

La raie manta, c’est une grosse vieille dame qui porte un bonnet de bain fait dans du papier à bulles de couleur parme. Elle nage lentement sur le dos, elle lance mollement ses bras en arrière, elle zigzague, elle obstrue une travée entière.
Elle kiffe.

Forcément, la raie manta ne se doute de rien, mais le grand requin veut l’éliminer. Toi aussi d’ailleurs, mais tu n’as pas sa puissance ou sa monopalme. Alors tu regardes ces deux géants aquatiques se livrer une lutte à mort.
Tu essayes péniblement de te frayer un chemin entre les deux.
Mais c’est difficile, presque impossible.
Bien vite, tu abdiques.

En fait tu abdiques lorsque, en reprenant ta respiration, tu reçois un pansement dans la bouche.

Manifestement, n’y a pas de place pour toi, ici.

Tu sors de l’eau. Tu cours aux vestiaires. Le sol est humide, des choses inconnues se collent sous la plante de tes pieds, pieds que tu dois ensuite faire passer dans les jambes de ton pantalon.
Tu cours à l’extérieur.
Le froid du dehors te gifle dès que tu franchis la porte. Tu marches dans la ville, énervé, le cheveu mouillé sous le bonnet, la peau du bout des doigts fripée, balloté par les vents comme une vieille souche sur l’océan.

Et puis un phare s’éclaire au milieu de la tempête intérieure. Une lumière chaude et douce, une promesse de bonheur : la devanture d’une boulangerie.
Posé devant toi, il y a une mignonne religieuse au chocolat qui te dit « mange-moi, mange-moi« .

A ta place, je ferais comme toi.

L’aimes-tu vraiment ? Pour le savoir, envoie BAIZ au 3625 !

Ca y est, tu es en couple. Enfin, disons que ça fait plusieurs fois que tu te réveilles à côté de la même personne. Que vous passez d’agréables soirées tous les deux. Que vous vous quittez chaque matin en étant certains de vous revoir bientôt. Que des échanges de SMS sympas ponctuent vos journées.
A priori, tout va bien.
Sauf que…
Sauf que quelque chose te gêne.
Quelque chose qui t’irrite encore plus que le générique de France Info qui passe en boucle chez le voisin.

En fait, tu ne sais pas si tu aimes cette personne que tu fréquentes ou si avec elle, tu passes juste le temps.
Quand tes amis te posent la question « LOVE ? » avec des oursons pleins les yeux, tu hausses mollement les épaules.
Tu ne connais pas tes sentiments : tu ne connais que tes doutes.

C’est vrai, tu n’as pas de papillons dans le ventre quand tu le/la vois. Quelques matins, tu pars bien lui acheter des croissants, mais sur la route, tu ne chantes pas en tournant sur toi-même, pas plus que tu n’embrasses la boulangère sur la bouche, dans un élan d’allégresse. Ta vie ne ressemble pas à une comédie musicale, et ça te trouble un peu.

Evidemment, la question « Je l’aime, ou pas ? » devrait bien finir par s’élucider naturellement. Car comme le disait Axelle Red : « désir ou amouhour, tu le sauras un jouhour ». D’accord Axelle, cependant, on n’a pas tout notre temps non plus.

Voici donc, pour toutes les miss et tous les bogoss en quête de l’amour véritable, le test imparable pour savoir si avec ce nouveau date, ça va plutôt passer, ou plutôt durer.

 

• La main sur le visage :
C’est le critère numéro 1, l’as des as. Car qu’est ce que l’amour sinon autoriser quelqu’un à poser longuement sa main sur notre visage ?
Si tu permets ce doigté facial et le laisses durer, ne te perds plus dans d’inutiles doutes : tu es éperdu(e) d’amour. Il est donc vain de continuer ce test.
Mais si la main qui approche ton visage te donne envie de fuir ou d’appeler au secours… ce n’est pas l’amour, c’est ton rendez-vous chez le dentiste.

 

• La sublimation :
S’il y a des choses chez lui/elle qui te déplairaient chez un/e autre, mais qui te fascinent chez l’objet de tes désirs ; par exemple, si tu trouves que son goitre est magnifique… c’est l’amour.
Mais si tu regardes son goitre de biais et ne peux t’empêcher de trouver à ton date une ressemblance avec une vieille oie ménopausée… ce n’est pas l’amour, c’est ta passion pour les documentaires animaliers.

 

• La négociation intestinale :
Si tu n’oses pas avouer à ton date que tu as une activité gastrique, et qu’après un week-end passé ensemble tu es au bord de l’occlusion intestinale… c’est l’amour.
Mais si tu t’en fous de casser les chiottes de son appartement, ou de péter sous sa couette après lui avoir fait tirer sur ton doigt… ce n’est pas l’amour, c’est ta relecture toute personnelle des grands codes de la séduction.

 

• L’empathie amoureuse :
Si en voyant des adolescents laids se furer dans le métro (attention, pas « se fourrer » : se furer. Se furer (expression marseillaise) veut dire se rouler de la grosse pelle avec la langue qui sort, les bruits, les bulles, la bave, itou). Donc, si en voyant des adolescents laids se furer dans le métro, tu penses « Aaaaaaah, c’est le printemps », avec émotion et tendresse… c’est l’amour.
Mais si en voyant des adolescents laids se furer dans le métro, tu soupires avec dégoût « Get a room and some Biactol, kids »… ce n’est pas l’amour, c’est l’amertume de l’âge adulte.

 

• La timidité :
Si tu hésites un peu avant de lui parler, si tu as peur de son jugement, si pour réussir à t’exprimer tu as besoin de reprendre 3 mojitos, et que du coup tu parles trop, et que parfois même après tu vomis… c’est l’amour.
Mais si tes paumes et ton front moites viennent s’ajouter aux vingt litres de sueur que tu as déjà perdus dans la journée rien qu’à imaginer qu’il fallait que tu ailles acheter un timbre à la Poste et peut-être interagir avec d’autres êtres humains… ce n’est pas l’amour, c’est ta phobie sociale.

 

• Le partage alimentaire :
Si tu es prêt à lui donner la dernière bouchée de ton tiramisu, la plus grosse assiette, le morceau de baguette que tu préfères… c’est l’amour.
Mais si tu as toujours l’impression qu’il/elle a plus que toi et qu’il/elle peut bien crever pour avoir le dernier carré de chocolat… ce n’est pas l’amour, c’est ta boulimie.

 

• L’indulgence :
Si tu trouves que ses blagues ne sont pas drôles, mais qu’elles te font quand même rire de bon coeur… c’est l’amour.
Mais si tu trouves que ses blagues ne sont pas drôles, et que tu te sens forcé/e de rire… ce n’est pas l’amour, c’est ton boss.

 

• L’épreuve du feu : le point Méphisto.
Tu as choisi les premières propositions dans tous les points précédents. Soulagé/e, tu sais désormais que tu as un coeur, et que l’amour a fait de toi son nouveau domicile. Pourtant, comme tout débat houleux atteint son point Godwin, toute réflexion amoureuse passe nécessairement par la vérification ultime : le point Méphisto.
A savoir : tu penses que tu l’aimes, mais l’aimerais-tu encore… s’il/elle portait des Méphistos ? (tous les jours hein, pas une fois de temps en temps).
Ou si il/elle avait deux jambes de bois (avec des Méphistos au bout), des posters de Laurent Romejko, 164 kilos de plus, une passion coupable pour les fruits pourris, un passé de sosie officiel de Johnny ?

Si tu es prêt(e) à répondre « Oui » à cette dernière question,  alors je te le confirme : ton date et toi resterez ensemble, le proclamerez bientôt sur Facebook, ferez des enfants que vous déguiserez en abeille ou en papillon, et tu oublieras finalement le pronom « je » au profit du pronom « nous » pour clamer au monde « nous nous aimons, nous allons prendre un crédit chez Sofinco ».

 

Longue vie à vous, lovers !
Et bonne chance à vous, haters !

La loi d’Orly, ou théorie empirique des voyages aériens

Hier, coincée en transfert pendant 9 heures dans l’un des aéroports surclimatisés d’un archipel ensoleillé, j’ai eu le loisir d’observer mes congénères. De cette contemplation molle, baignée dans le Sprite Zero et la musique d’ambiance commercialement exotique, j’ai pris le temps de déduire qu’à part notre front rouge et nos fesses pâles, rien ne nous distinguait des autres voyageurs qui transitaient au même moment sur le reste de la planète.

Car les aéroports sont une seule et même nation morcelée sous différentes latitudes. Et tous les citoyens de cette terre éclatée se comportent avec la même ferveur nationaliste, répétant les mêmes rituels à travers le monde.
Rituels que voici :

– Aujourd’hui, tu prends l’avion, et naturellement, tu ressens ce petit pincement au ventre et l’enthousiasme effréné des premiers conquistadores. C’est cet enthousiasme qui, alors que tu es déjà passablement en retard, te fait regarder la vie en mode gagnant : ton retard pourrait bien signifier que, grâce aux joies du surbooking, tu vas te retrouver surclassé. Tu as déjà entendu mille histoires de ce genre ; ça ne t’est encore jamais arrivé : apparemment, la statistique joue de ton côté.
– Tu arrives à l’aéroport et te diriges vers ton bureau d’enregistrement. Tu fais rouler avec grâce ta valise derrière toi, tu relèves tes RayBan de contrefaçon, tu relèves un de tes sourcils, tu baisses sur l’agent ce regard de vainqueur qui veut dire « Business Class Winner », et alors que tu entends tout l’aéroport chanter pour toi « I believe I can fly, I believe I can touch the sky« , l’agent aérien te tend ton billet. Sur lequel est écrit : Siège 35B.
Un 35 comme « au fond de l’avion avec les pauvres« .
Un B comme « Bonne chance pour tes 10 heures de vol pris en sandwich entre les voyageurs des sièges 35A et 35C« .
– Tu te diriges vers la douane. Un enfant que ses parents ont laissé jouer avec un chariot « parce que c’est les vacances » te roule sur le pied.
– Certains aéroports exigent qu’on enlève ses chaussures au moment de passer la douane. Tu n’étais visiblement pas préparé à ça, mais grâce au trou dans ta chaussette, tu peux voir que ton orteil écrasé est entrain de devenir bleu.
– Te voilà dans la zone des départs, appelée aussi Zone Duty Free, qui réveille en toi cette soif inextinguible de bonnes affaires. Une fois dépassée la section bien connue des parfums/alcools/cigarettes, tu découvres le véritable voyage dans le voyage : le flot des articles estampillés « souvenirs ». Une cohorte de produits passés sous les fourches caudines d’un jury impitoyable, qui les a sélectionnés pour leur laideur et leur absurdité : des peluches vêtues de t-shirts à message, des portefeuilles en forme de saucisse, des magnets indécents, des boules à neige…
– Tu te décides pour un santon dauphin au rapport qualité-prix imbattable.
– La zone des départs est apparemment aussi une zone de non-droit diététique. Partout, des passagers se la donnent sévère avec des Toblerone géants.
– Ta porte d’embarquement est annoncée. En la rejoignant, tu entres dans l’arène de la jauge. Tu répertories le nombre d’enfants en bas âge, d’obèses et de personnes âgées, et prie pour qu’aucun d’eux ne soit assis à côté de toi dans l’avion. A l’inverse, tu envoies tes ondes positives à cette personne outrageusement sexy, car tu ne serais pas gêné de partager un peu de ton siège avec son généreux fessier. Si tu es une vieille personne en surpoids, tu peux aussi participer, mais en essayant de te faire discret.
– Les voyageurs sont appelés à embarquer. Jusque là tranquillement assis, ils se transforment soudain en banc de saumons souhaitant remonter le courant… mais se trouvent coincés dans l’écluse des portes automatiques.
– Tu restes assis. Que tu te presses ou non, ton destin est déjà écrit et ne sera pas déjoué : 35B.
– Entré dans l’avion et claudiquant vers ton siège, tu remarques, assis à leur place et à moitié verts, les phobiques du voyage aérien. Déjà confits dans le Lexomil et l’alcool fort, ils effectuent des signes de croix comme des vieilles dames napolitaines.
– Rang 35 : contre le hublot, une gentille personnage âgée. Côté couloir, un jeune garçon. Dans ta tête, son visage vient se superposer sur celui du diable au chariot qui t’a fêlé un orteil deux heures plus tôt. Tu le reconnais. Lui non. Si ses jambes étaient assez longues pour toucher le sol, tu n’aurais pas hésité à prendre ta revanche, à l’aide de ton pied encore valide.
– En plein décollage, la personne âgée à ta gauche essaie de se lever. Elle aurait peut-être du signaler sa faible capacité urinaire avant d’être parquée côté fenêtre.
– Plateau-repas à la composition inconnue.
– Tu commences à te sentir un peu engourdi. Ta tête tombe brutalement vers l’avant, et tu la relèves dans un réflexe. Puis elle tombe à droite. Tu la relèves brusquement. Dans ton demi-sommeil, tu vois passer ces coussins en forme de croissant que tu as vus à côté de l’anti-stress-banane dans une des boutiques Duty Free. Tu comprends.
– Alors que tu allais vraiment t’endormir, la personne âgée à ta gauche vient de se lever en prenant appui sur ta tête. En attendant son retour, tu regardes les autres passagers pour t’inspirer de leurs techniques narcotiques. Tête posée sur le plateau, corps désarticulé, tête renversée bouche grande ouverte : chacun fait ce qu’il peut.
– Tu regardes un film en VF. Tu n’en diras pas le titre, car tu n’assumerais jamais ce choix dans la vie réelle.
– Il parait qu’il y a des gens qui ont déjà copulé dans les toilettes d’un avion. A-t-on des indications sanitaires sur les suites infectieuses d’une telle activité ? C’est ce que tu te demandes en t’employant à te faire des moufles avec les essuies-mains pour être certain de ne rien toucher.
– Nouveau film en VF.
– Ta tête tombe à gauche. Tu la relèves brusquement.
– Tu abuses de ton statut d’adulte pour confisquer la console de jeu de l’enfant à ta droite. Ton orteil te rappelle qu’il l’a bien mérité.
– Deuxième plateau-repas à la composition inconnue.
– Quelqu’un, pas loin, profite des bruits des moteurs et de la promiscuité pour lâcher des caisses en toute impunité.
– Atterrissage. Certains applaudissent pendant que d’autres lèvent des yeux blasés.
– Face à un personnel aérien impuissant à le canaliser, le banc de saumons se reforme, récupérant ses bagages dans les coffres alors que l’avion roule encore sur la piste.
– Après ces longues heures d’intimité, 400 voyageurs se quittent sans un mot et sans regret, devant le ronronnement indifférent du tapis à bagages.

Jusqu’au prochain voyage.

Jurassic Baffe

Aix en Provence,

Le 30 août 2013

Cher Monsieur Spielberg,

A la faveur d’un été caniculaire qui m’a confiné à l’ombre de mon domicile, j’ai décidé – pour me distraire – de faire du tri dans mes placards.

C’est à cette occasion que j’ai retrouvé et visionné une VHS de votre film de 1993 : Jurassic Park. Plus de 20 ans après sa sortie, je dois dire que votre oeuvre n’a pas pris une ride.

En tant qu’ancien professeur des écoles, j’ai été particulièrement sensible à la dimension morale de votre propos. 
Comme vous, je pense que l’homme devrait cesser de jouer à l’apprenti sorcier, et couper court à son acharnement scientifique contre-nature. Comme vous également, je préconise la manière forte pour instruire les foules sur les ravages de la vénalité (les scènes où l’avocat et le gros malfaiteur se font dévorer par les dinosaures crèvent positivement l’écran !). Et comme vous, je pense que ce n’est pas l’habit qui fait le moine : on peut se vêtir comme un sac Kechua et être néanmoins paléontologue, paléobotaniste ou mathématicien de talent.

Si votre film se limitait à ces précédents éléments, vous pourriez être certain que j’enjoindrais mes collègues encore en activité de le projeter dans toutes les écoles du monde. Et pas seulement auprès du public dissipé d’un bus en voyage scolaire : également dans des contextes plus sérieux et solennels (c’est à dire, pendant les heures normalement consacrées à l’enseignement).

Cependant, il y a un hic, Monsieur Spielberg. Et c’est pourquoi je vous écris aujourd’hui. 

Expliquez-moi : quel est ce personnage de petite sotte insupportable que vous avez cru bon d’intégrer à votre scénario ? Vous avez évidemment deviné de qui je souhaite parler : Alexis « Lex » Murphy, la petite-fille à casquette fuchsia du démiurge Hammond.

Peut-être ne l’avez-vous pas remarqué, mais c’est quand même par sa faute que tous les ennuis commencent !
 Si elle n’avait pas décidé d’allumer une torche dans la voiture, le tyrannosaure aurait simplement passé sa route à la recherche d’une autre brebis. 
Au lieu de quoi, à cause de ce geste inconscient et stupide, il y a eu un mort, des blessés graves, et une destruction massive des véhicules et de l’infrastructure du parc ! 

Comment passer sur le fait que non contente d’être un grave péril pour ses congénères du fait de ses alertes lumineuses, elle attire à nouveau l’attention du dinosaure sanguinaire par ses cris stridents et incessants ? Et ceci jusqu’à ce qu’Alan Grant parvienne – ENFIN !- à la bâillonner.


Je crois, cher Steven, que votre film se doit d’être un exemple pour la jeunesse. Or, ce personnage est au contraire le parfait prototype de ce que les jeunes doivent éviter à tout prix s’ils espèrent devenir un jour des adultes responsables et accomplis. Cette demoiselle est en effet sotte, têtue, turbulente, semeuse de zizanie et geignarde… Quel modèle ! 

Certes, vous essayez de l’acquitter de sa dette morale et financière en lui prêtant ensuite d’inattendus talents informatiques, décisifs lors de l’attaque du vélociraptor ouvreur de porte. 
Mais une telle prouesse est-elle crédible quand on se montre d’ordinaire incapable d’éteindre une lampe au moment opportun ? Une telle association n’est-elle pas, au contraire, insultante pour le corps de métiers des informaticiens et autres webmestres ?

Pour vous le dire simplement, je pense que votre film gagnerait à se passer de ce personnage. 

J’ai appris que vous aviez sorti dernièrement une version du film en trois dimensions. Avec l’avancée de la technologie actuelle, retirer un personnage de votre pellicule devrait être un jeu d’enfant. 

Peut-être pourriez-vous remplacer mademoiselle Murphy par un tyrannosaure ? Evidemment, pas n’importe quel tyrannosaure : un tyrannosaure ami et allié avec les humains, par exemple ! On peut imaginer qu’il leur donnerait des astuces et des conseils sur le mode de vie des autres dinosaures. A l’occasion, il pourrait même leur prodiguer des massages relaxants (ainsi, on arrêterait de se demander pendant tout le film à quoi peuvent bien servir les minis-bras avant de cette espèce…).
 Jetez un oeil à « Denver le dernier dinosaure ». Je pense que vous trouverez là des idées riches et inspirantes.

Je reste à votre entière disposition pour vous conseiller dans le remontage de votre film. Ne vous préoccupez pas d’une éventuelle compensation financière, je vous aiderai bénévolement avec plaisir : ma vie de retraité me laisse quantité de temps libre. 

Comme disent les jeunes, je suis certain que cette nouvelle version pourra faire le buzz. Et sera profitable à l’avenir de notre civilisation.

Sincères salutations,

 

Monsieur Calisson

Amour de vacances, cure de jouvence

L’été, vous retrouvez votre jeunesse. De vieille pomme botoxée, vous muez en prime jouvencelle. Cheveux au vent, mini-short, traits tirés grâce à l’œdème dû à votre rétention d’eau, vous retrouvez l’allure de vos 15 ans. Mais pas que. Il se peut que votre état psychologique et émotionnel s’aligne sur ce rajeunissement physique, à la faveur d’un miracle qui ne se produit qu’en vacances estivales :  le coup de foudre.
Attention, pas le coup de foudre que vous pouvez transformer rapido en histoire passionnelle sur le capot de la Volvo.
Non ! Le coup de foudre version teenager, où il ne passe rigoureusement rien de croustillant, et qui demandera pas moins de 3 semaines au Camping La Luciole et le secours de toute une bande d’amis pour en extraire une seule galoche.

Car oui, cela se produit parfois, indépendamment du fait que vous ayez d’ordinaire le mojo de Tiger Woods. Il arrive que dans votre lieu de vacances se trouve un individu qui vous fasse perdre tous vos moyens. Alors, vous replongez dans les lumineuses affres de votre adolescence. Cette époque où le moindre baiser était précédé de longues heures de fantasmes, et de non moins longues heures d’élaborations tactiques.

Victime du coup de foudre, vous voici donc embarquée dans toutes les caractéristiques du feuilleton d’été : interminable et régulièrement pathétique.

 

Episode 1 : Se faire remarquer
Le coup de foudre teenager signe le grand retour du concept de parade nuptiale. Tout comme, en observant les pigeons, vous pouvez incontestablement désigner comme la pigeonne la plus chaude celle qui est apparemment la plus indifférente aux roucoulades du mâle ; de même, vous saurez marquer votre intérêt en affichant régulièrement votre croupion à bonne distance de votre cible. Si celui-ci venait à vous remarquer, vous n’hésiterez pas à attiser le désir en détroussant à toutes jambes.

Episode 2 : Fuir
Apparemment improductive, la stratégie de la fuite obéit pourtant à une loi simple : « Plus le temps où tu t’exposes est court, moins tu as de chances de merder ». Voilà pourquoi, après avoir espéré la rencontre pendant des heures, vous vous retrouvez à écourter lamentablement la moindre entrevue avec la bombasse. Et abandonnez sans sommation amis, enfants et livres de Marc Levy sur la plage en cas d’approche du prétendant.

Episode 3 : Devenir verte
S’il se trouve que vous n’avez pas réussi à fuir (par exemple, car votre pied est coincé dans une grille d’arbre), les effets secondaires ne tarderont pas à se faire sentir. Votre détermination à avoir l’air naturel est mise à mal par de nombreux signes d’embarras : gargouillements intestinaux, rougeur, moustache de sueur, lapsus équivoques… Vous vous voyez de l’extérieur, vous avez envie de mourir.

Episode 4 : Tenter d’être au top
Votre dernière entrevue vous ayant laissé un goût persistant d’inadéquat, vous tentez de reprendre l’avantage. Votre technique ? Mettre en avant ce trait de votre personnalité que chacun reconnait comme votre point fort : votre taille de guèpe, votre sens de l’humour, votre osso-bucco. Attention néanmoins, cela demande une vigilance particulière. A cause du fameux syndrôme « devenir verte », vous pouvez perdre vos moyens à tout moment. Ainsi, vos 15 ans de natation synchronisée ne vous empêcheront pas de faire un gros plat sonore et public depuis le plongeoir.

Episode 5 : Appeler un ami
Au Collège, elle était l’émissaire mandaté pour informer untel que vous vouliez sortir avec lui. En 2012, cette dame de compagnie a plus de poitrine, mais les mêmes fonctions. Son atout : si elle concède que votre prétendant n’est « pas mal », elle n’a pas besoin qu’on la réanime au défibrillateur dès qu’il apparait. Excédée par votre passivité tremblotante, elle décide de prendre les choses en main et de tâter le terrain. Ebahie et cachée derrière un ficus, vous l’observez s’approcher avec naturel du beau-gosse, discuter avec lui, lui sourire, rire à ses blagues. Ce qui semblait une bonne idée devient rapidement un supplice provençal. Rongée par la jalousie et par des visions érotiques de trahison, vous rêvez d’interrompre ce moment en lui faisant bouffer son maillot de bain à l’aide de votre ficus.
Quand elle revient avec le prénom d’Apollon, son lieu de villégiature, et quelques infos à vous soumettre, vous arrivez cependant à vous calmer.

Episode 6 : Etre stratégique
L’intervention de votre indic préférée a considérablement fait avancer la situation. Vous l’admettez : vous avez besoin d’aide. Et les recommandations, idées et encouragements de vos amis ne sont pas de trop dans l’aventure. Avides d’anecdotes à se mettre sous la dent (et préoccupées de votre bonheur), vos amies vont tout faire pour faciliter le rapprochement. Ainsi, en toute subtilité et discrétion, votre meute de copines murlera (mix féminin unique entre le murmure et le hurlement) à chaque apparition du galant : « IL EST LAAAA !!! FONCE !!! ». Evidemment, vous n’en ferez rien.

Episode 7 : Tout lâcher
Lentement mais sûrement arrivera néanmoins le moment où vous serez acculée : le dernier jour. Pour le moment, vous n’avez rien (ni numéro de téléphone, ni informations sur son état conjugal, ni MST), et il ne vous reste que quelques heures pour saisir votre chance ou la laisser filer. Chauffée à blanc par une semaine de fantasmes et d’immobilisme, votre passage à l’action a toutes les chances d’être disproportionné.
C’est ce genre de contexte qui explique qu’on voit souvent de timides et délicates jeunes femmes se coller une énorme rouste à coups de Rhum-Pastèque, pour aller déclarer leur flamme à l’objet de leurs tourments, de préférence parfaitement sobre et entouré de ses potes.

Plusieurs options s’offrent alors : vous serez touchante ou ridicule, ou les deux. Vous emballerez ou ramasserez un râteau historique.
Mais tout comme la fin des vacances et de ses feuilletons d’été, cette conclusion signera le retour nécessaire à la réalité.

PS : Sur le compte Facebook de Nous Deux, retrouvez encore plus de couvertures « Viens, on va jouer aux boules ».

Bien communiquer en entreprise, ou 6 façons de dire « va te faire »

Je ne sais pas du tout comment m’est venue l’idée de cet article. Car soyons bien clairs : je ne dis jamais, et même ne pense jamais « va te faire » à destination d’un client. J’adore TOUS mes clients. J’abonde toujours dans leur sens. Même s’ils me demandaient de travailler au prix d’un euro le feuillet, je dirais « oui ! » en effectuant la chorégraphie de la Macarena dans un costume de cacatoès.

Comment m’est donc venue l’idée de cet article ? Sans doute connais-je quelqu’un qui connait quelqu’un qui a un client ou un patron qui l’a déjà passablement saoulé.
Il faut bien avouer que les patrons ou les clients ont cette fâcheuse tendance à mesurer régulièrement le pouvoir qu’ils ont sur vous.

Pour ce faire, un de leur jeu préféré s’appelle « la prestation bonus ». Il consiste à tester ce que vous êtes prêt à faire en plus de ce qui a été convenu initialement, et ce, bien sûr, pour le même prix. Un donneur d’ordre n’est jamais tant rassuré sur sa puissance que lorsqu’il voit que vous êtes motivé à lui obéir sans le moindre frais.

Cela peut aller de la demande simple « Cynthia, vous me ferez un café« , à la demande complexe « Robert, vous penserez à me traduire le bilan comptable 2010 en ousbek, pour demain« , à la demande intime « Paul, vous êtes libre dimanche pour m’aider pour mon déménagement ?« .

Comment réagir à ce genre de situations abusives ?

Votre coeur vous dit : « Fais lui bouffer son iPad par le fondement »
Votre bouche, trop souvent répond : « Oui, bien-sûr Monsieur ».  Parfois, vous ajoutez même un tendre « Merci de me laisser travailler gratuitement pour vous, patron ! Je ne suis pas digne d’être votre esclave ! » en vous frictionnant le corps avec des orties.
Si vous sentez qu’il est désormais temps de décorréler ambition et soumission, voici différentes techniques pour retracer les limites que votre interlocuteur a gaillardement franchies. Et reconquérir votre estime individuelle.

Oubliez la diplomatie, la communication non-violente, la patience, la flatterie ou le compromis. This is war. This is Sparta. This is le monde du travail.

1. La lâcheté :
Un grand classique, déclinable à l’infini. Il s’agit de refuser l’ordre qu’on vous donne en vous abritant derrière une excuse fallacieuse. Phrase-type : « j’aurais bien aimé effectuer ce travail, mais malheureusement « insérer ici l’excuse pourrave » ».
Grâce à l’embarras entourant la mort, le deuil d’un proche est une méthode très appréciée. Pensez néanmoins à tenir un registre des différents décès imaginaires de votre famille télescopique. Moins ambitieux mais efficace, vous pouvez aussi vous défausser sur d’autres missions (« désolé mais j’ai le dossier B12 à boucler« ), sur un collègue (« désolé mais Brigitte ne fout rien depuis des semaines« ), des arguments sanitaires (« désolé mais j’ai la lèpre« ).
Mesdames, oubliez cependant l’excuse best-of qui vous permettait de sécher le sport en 4ème. A priori « avoir vos règles » ne vous dispense pas de rédiger le compte-rendu de la dernière réunion.

2. L’imitation :
Elle consiste à répéter la même phrase que votre interlocuteur en copiant sa voix et son intonation.
Votre boss : « Alors Berthier, ça avance le dossier de la COGEP ? »
Vous : « Alors Berthier, ça avance le dossier de la COGEP ?« .
Persistez ainsi le plus longtemps possible.
C’est un vieux-truc que vous faisiez probablement à vos 7 ans, mais qui a gardé le pouvoir de rendre rapidement fou votre interlocuteur. Pourquoi chercher de nouvelles méthodes quand on a des solutions vintage à portée de main ?

3. Le déni mutique :
Face à un ordre ou une demande de votre boss ou client, ne dites pas « oui« , « non » ou « peut-être« . Gardez le silence. Cessez de répondre aux mails ou aux appels de votre interlocuteur. Ne faites rien. Et surtout ne vous justifiez pas. Si votre supérieur hiérarchique ou client parvient à vous intercepter physiquement pour obtenir une réaction de votre part, changez de sujet. Agissez exactement comme si cette demande n’existait pas. D’ailleurs, de quelle demande parle t’on ?

4. La terre brulée :
Vous avez accepté sans moufter une diminution de salaire, des remarques humiliantes et publiques sur votre allure vestimentaire, une permanence la nuit et le week-end… Pour frapper un grand coup, attendez que votre boss vous demande de lui prêter votre stylo. A ce moment là, agonissez-le d’injures salaces impliquant sa mère, la taille de son sexe/ses seins, son divorce, ses pellicules… Cette technique est particulièrement redoutable si vous avez toujours été extrêmement poli et discipliné. Tout à fait inattendue, elle vous hissera au rang de personnalité instable et dangereuse.  Et vous permettra peut être d’obtenir un long congé-maladie pour nervous breakdown.

5. La technique Magritte :
« Tout le monde m’assure que vous n’êtes qu’une vieille pompe à merde et que vous ne méritez pas la moindre attention. Il va sans dire que je n’en crois rien et vous prie de croire cher Monsieur, en mes sentiments les meilleurs« . Voici, pour inspiration, l’extrait du courrier qu’envoya Magritte à un journaliste qui avait éreinté son travail. Cette flagornerie ambiguë et perverse peut rencontrer un certain succès dans le monde de l’entreprise. Pour votre propre version, n’hésitez pas à impliquer vos collègues « Entre midi et deux, il paraitrait que de nombreuses personnes jouent aux fléchettes sur un portrait de vous. Permettez-moi d’en être étonné« . Si votre boss est un être subtil, il ressentira la piqure de votre affront. S’il est crétin, il prendra votre mail pour un acte de délation circonstancié, et vous aurez au moins la joie de vous distraire en ayant causé quelques convocations et licenciements collatéraux.



6. La méthode juvénile :
Votre boss vous envoie une consigne par mail. Vous lui répondez par un seul mot : « lol« . Le but de cette riposte est de creuser à la bombe un fossé si énorme entre vous, qu’aucun de vous ne pourra plus jamais le franchir.
Avec votre commentaire puéril laissant entendre que vous n’avez rien compris au brief, votre boss renoncera peut-être devant vous comme un parent débordé démissionne devant son adolescent.
Parallèlement à son statut d’indice fort de votre débilité, votre « lol » signifiera à votre supérieur que vous prenez à la fraîche l’autorité qui devrait vous terrifier. Un peu comme les chrétiens antiques euphoriques face aux lions dans l’arène, vous ne craignez plus rien. Et c’est précisément ce qui vous rend flippant.

N’hésitez pas à tester ces techniques et à me donner vos retours sur leur efficacité (que nous pourrons mesurer facilement au nombre de licenciements subséquents).
Cordialement.

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