Végétarisme

Nouveau livre : Être végétarien, tout savoir sur le mode de vie veggie !

Salut à toi, bâfreur impénitent ou appétit d’oiseau, amateur de rillettes ou amoureux des végétaux.
Où que tu te situes sur l’échelle de la bouffe, je sais qu’une chose t’unit à l’ensemble de tes congénères : ta passion coupable pour les tests qu’on complète dans Voici ou Bravo Girl.

C’est pourquoi j’en ai concocté un spécialement pour toi. Prends donc ton plus beau stylo, et réponds au quizz suivant.

 

  •  TU ES UN MANGEUR DE VIANDE ET :

– tu as quelques amis végétariens et tu aimerais mieux comprendre leur vie et leurs motivations
– tu aimerais te nourrir de manière plus saine et responsable
– tu vénères les chats, les loutres et les pandas roux, mais tu penses que les boeufs, les poules et les moutons ne méritent pas la même considération.
– tu te demandes comment peut-on ne manger « que de la salade »
– tu crois que les végétariens ou les vegans sont des extrémistes, voire, des fascistes. Ou peut-être des zombies. Ou peut-être même des zombies fascistes.
– tu crois que tous les végétariens sont moches, s’habillent avec des toiles de jute issues des sacs de pommes de terre de magasin bio et ne se peignent jamais parce que c’est contre leur religion.
– tu crois que le végétarisme est un délire de bobo sans fondement sérieux.

 

  • TU AIMERAIS BIEN ÊTRE VÉGÉTARIEN MAIS :

– les ouvrages que tu as essayé de lire sur le sujet t’ont semblé plus tristes et austères que le manuel officiel du Code de la Route
– tu as de très forts a-priori sur le tofu
– tu te demandes ce que vont devenir tes festins d’andouillettes hebdomadaires avec tes amis
– tu crains de perdre tes amis et de finir célibataire, avec un concombre comme seul compagnon de jeu.
– tu as peur d’avoir des carences
– tu as peur que tes parents aient peur que tu aies des carences, et qu’ils te harcèlent quotidiennement pour faire des prises de sang (de plus, tu t’évanouis à la moindre prise de sang).
– tes parents sont bouchers et t’ont éduqué dans le culte du pied de porc (mort, le porc).

 

  • TU ES DÉJÀ VÉGÉTARIEN ET :

– ta belle-mère s’entête à te servir son fameux gigot d’agneau
– tu ne sais plus quoi répondre quand on te parle du cri de la carotte
– tu as envie de connaître de nouvelles adresses, astuces et tous les arguments qui prouvent que tu as fait le bon choix.
– tu es à la recherche d’un livre qui pourrait expliquer à ceux qui t’entourent qu’être végétarien, c’est cool, utile et pas si compliqué.

 

  • TU NE MANGES JAMAIS MAIS :

– tu as une âme de mécène et l’envie de soutenir le train de vie dispendieux de deux jeunes auteur et illustrateur ?

 

Résultat (suspense insoutenable) :

Tu t’es reconnu/e dans au moins une des phrases précédentes ?
Alors le livre « Être végétarien, tout savoir sur le mode de vie veggie » est fait pour toi !

De manière précise, accessible et volontiers humoristique, ce guide pratique aborde tous les aspects du veggie way of life : pourquoi et comment devenir végétarien, où faire ses courses, que mettre dans son assiette, quels livres et quels blogs connaître, où voyager, comment réaliser son coming-out… et mille autres choses encore !

Pour reprendre la formule musicale de notre ami Pierre Perret : « tout, tout, tout, vous saurez tout sur le tofu ».

Et parce qu’on a aussi pensé à tous ceux qui préfèrent les images ou qui ne savent pas lire, 80 illustrations du talentueux Simon Sek viennent enrichir le texte avec classe et bonne humeur.

Ce condensé de vitamines est à découvrir ou à offrir, en librairie ou sur internet.

C’est ici sur Amazon, et ici sur la Fnac.

 

Et tu peux aussi le trouver partout en France et sur le web grâce à ce petit programme sympathique.

Par avance, on te dit merci !

Être végétarien, tout savoir sur le mode de vie veggie
par Alexandra de Lassus & Simon Sek
Éditions du Chêne. 16,90 €

 

Quelques pages du livre :

 

Végétariens vs carnivores : le choc des civilisations

Chers amis,
Il y a quelques temps, je vous racontais comment j’étais devenue végétarienne.
« Pourquoi donc revenir sur le sujet, diablesse ? », pourrais-tu donc protester.
Et bien, mécréant, je m’autorise cette redite, car depuis un an et demi, mon végétarisme s’est mesuré au monde et à ses habitants.
Et les réactions qu’il inspire, loin de me décevoir, m’ont plutôt fascinée.  Que tu sois carnivore ou végétarien, cela te concerne.

Prenez n’importe quel contexte ordinaire qui vous oblige à dire « je suis végétarien/ne ». Par exemple :
– en soirée, quelqu’un vous tend un roulé à la saucisse
– ayant déjà décliné le pâté, le saucisson, le sanglier, vous répondez : « non merci, je suis végétarien/ne »
– immédiatement, la musique se coupe, les convives cessent de parler, et l’homme à la saucisse, la mine tragique, vous dit invariablement :

1- « Mais… ça t’est arrivé quand ? »
Ca commence TOUJOURS comme ça. Vous annoncez que vous êtes végétarien, et le visage de votre interlocuteur se répand vers le bas comme une glace au soleil. C’est comme si vous veniez d’annoncer que vous avez eu un cancer, les deux jambes mangées par une orque, ou que vous aimez trop les enfants. En donnant votre réponse, vous entendez votre voix sombrer dans une ambiance plus plombée qu’un requiem.

2- « Mais, tu fais ça pour les animaux ? »
Passé le choc initial, votre interlocuteur essaye de faire preuve d’empathie, et cherche à comprendre vos motivations. Etes vous devenus trop sensible au destin des bêtes après avoir visionné une fois de trop la pub 30 millions d’amis (« non mais t’es sérieux ? Un animal, ça ne pleure vraiment pas ? ») ? La viande vous procure-t-elle des gaz ? Vous avez entendu une histoire d’intoxication qui vous a traumatisé ? etc.
Passée l’étude des causes, c’est tout naturellement qu’on bascule vers les modalités pratiques.

3- « Donc tu ne manges pas de poulet ? »
Cette version végétarienne du « Pourquoi, fallait que j’en prende ? » peut laisser perplexe, et pourtant… Elle surgit plus souvent qu’on ne le croit. Je n’ai ni explication, ni théorie sur le sujet. Une seule certitude si vous vous sentez concerné par cette réplique : il peut être utile de reprendre vos classeurs de 6ème de Sciences de la Vie et de la Terre.

4- « Donc tu ne manges pas d’oeuf ? »
Là encore, impossible de savoir si les personnes qui posent cette question commettent simplement une confusion entre végétarien et végétalien… ou si elles croient que l’oeuf est un animal. Dans ce cas, peut-être versent-elles des larmes amères devant les briques de lait, pauvres petits arrachés trop tôt au sein de leur mère.

5- « Donc tu ne manges pas de foie gras ? »
Toujours plus loin, toujours plus fort, cette réplique porte le label « scène vécue ».
Comme vous vous en doutez, bien que végétarienne, je m’autorise évidemment une exception pour ce mets savoureux qui associe dégustation d’organe et summum de la maltraitance animale. Les jours où je me livre à des orgies de foie gras, je revêts pour l’occasion une toque en fourrure de renard et de lapin. Et me passe un CD d’enregistrement de tapettes à souris, qui font de formidables percussions.

Interlude : à ce moment là, une personne normale décroche et change de sujet. Une personne très carnivore (ou qui manque simplement de sujet de conversation) va vous coincer dans les cordes pour poursuivre son enquête. Régulièrement, c’est ici que la discussion quitte le coquet chemin de la curiosité pour rejoindre l’autoroute de la controverse.

6- « Ohlalalalalalala, moi je ne pourrais pas »
Bien que vous vous en fichiez, et que vous n’ayez jamais cherché à le convertir, cet individu tient à vous le dire : il ne pourrait pas être végétarien. Non pas qu’il ait déjà essayé, mais il le sait, parce qu’il adore la viande, parce qu’il manque de fer, parce qu’il ne saurait pas cuisiner des légumes, parce que quand-même-un-peu-de-saucisson-à-l’apéro, parce que si c’est comme ça on ne bouffe plus rien, parce qu’un animal c’est con…
Si vous êtes végétarien et subissez ce discours, soyez patient.

7- « Mais alors, tu dois avoir des tonnes de carences ! »
En fait non, pas du tout. Mais merci.
Si vous êtes végétarien et subissez ce discours, imaginez votre interlocuteur se faire piétiner par une vache.

8- « Si tu n’as pas de carences, ça veut dire que tu manges du tofu ???!!! »
Cette réplique est systématiquement prononcée avec une grimace d’horreur et de dégout. Ce qui vous permet de répondre avec enthousiasme :  « Bien sûr, je mange du tofu ! Mais attention, je ne le cuisine pas, hein ! Je fais en sorte que ce soit vraiment dégueulasse. En fait, je le sors de son sachet plastique et je le mange en snack, comme ça, cru et sans rien. Un peu comme tu fais avec tes chipolatas, en fait ! »
Chers amis, j’aimerais qu’on en finisse avec les clichés sur la bouffe végétarienne infâme. Ok, les restaurants macrobiotiques ont fait beaucoup de mal à la réputation des végétariens. Presque autant que les allemands aux Birkenstock et à l’épilation d’aisselle. Mais c’est fini maintenant. Il faut savoir tourner la page. Pensez à la gastronomie italienne, libanaise, indienne. Détendez-vous.

9- « Si tout le monde faisait comme toi, il n’y aurait pas assez de place pour les récoltes »
Une réplique comme celle-ci ne peut-être que l’oeuvre d’une personne qui croit que Wikipedia est une encyclopédie. Le genre de personne qui place la science au pinacle, mais la pratique au niveau poussin-amateur. Invitez-la à méditer sur la part de l’agriculture consacrée à l’alimentation du bétail, et à relire « Ainsi parlait Haroun Tazieff » de Freddy Nietzsche.

10- « Tu verras, ça va te passer »
Pour certains de vos amis, confesser votre nouvelle fascination pour le végétal serait comparable à leur présenter un mec monstrueusement hideux et débile en leur disant « Je l’aime ! ». Dans un cas comme dans l’autre, incrédules et horrifiés, ils ne peuvent que déduire que ce que vous lui trouvez ne regarde que votre intimité.
Ainsi, s’ils supposent que vous avez découvert dans les concombres et courgettes un plaisir peu ordinaire, ils sont convaincus que bientôt, vous vous lasserez pour revenir à la raison et à la jouissance authentique : l’alimentation carnée approuvée par tous.

11- « Donc tu vas finir à élever des chèvres dans le Larzac »
Or, il arrive que votre entourage constate que votre végétarisme ne vous passe pas. C’est alors qu’il commence à s’inquiéter. Tout comme la première cigarette mène invariablement au shoot d’héroïne, arrêter la knacki fait chuter lentement vers la marginalisation. En fait, vos proches s’en rendent compte maintenant : ils auraient dû vous arrêter quand vous avez jeté votre télévision. Depuis, vous êtes sur une pente très glissante. Bientôt, vous allez arrêter de vous peigner. Vous allez épouser un paysan. Vous accoucherez dans une yourte et passerez du Manu Chao à votre nourrisson…
Et quand ce dernier aura grandi et sera en âge d’être traumatisé par Bambi, vous ne lui cuisinerez même pas une petite côtelette pour le consoler.

 

Commentaire subsidiaire pour les âmes sensibles à ma méchanceté :
Oui, je sais, si certains carnivores sont ignorants, il serait préférable de leur répondre avec douceur et pédagogie, plutôt qu’avec moquerie. Mais que voulez-vous, les végétariens sont des personnes comme les autres : il arrive parfois (par exemple en voyant la 1000ème tête dégoutée à l’évocation du tofu), que nous manquions tout simplement de patience et d’empathie.


Illustration : Simon Sek